Intelligence collective en entreprise : de quoi parle-t-on vraiment ?

Intelligence collective en entreprise : de quoi parle-t-on vraiment ?

Choisir d’ajouter les capacités individuelles à une performance commune est tout l’enjeu de l’intelligence collective. Les entreprises, les associations, les équipes sportives poursuivent un but commun qu’elles espèrent atteindre via le rassemblement de leurs compétences.

De cette nouvelle organisation naît la quintessence d’une réflexion efficace et d’un savoir nouveau. Mais comment s’explique exactement l’intelligence collective aujourd’hui ? Qui en sont les acteurs ? Comment la penser à l’heure du bouleversement technologique ?

Comment expliquer l’intelligence collective ?

L’intelligence collective n’est pas un concept théorique mais un phénomène actif et efficace qui suppose une réforme dans notre manière de partager et d’échanger notre savoir.

Une capacité intellectuelle commune basée sur un principe d’interaction

L’intelligence collective fait émerger la capacité intellectuelle d’un groupe d’individus réunis par des compétences différentes. Comment se met-elle en place ? Grâce aux interactions engagées entre les différents membres d’un même groupe. Le résultat de ces échanges permet de créer un nouveau système, produit ou élément visant à répondre à une demande ou à résoudre un problème.

Toutefois, comment définir ses limites ? Sur quoi repose exactement l’intelligence collective ? Elle est fondée sur un partage organisé de l’information et sur le respect des facultés individuelles de chacun. Autrement dit, l’appel à l’intelligence collective doit impérativement être réglementé de manière à obtenir un socle solide de savoirs et de compétences. Sans une certaine organisation de ce partage d’idées, la possibilité d’un échange cohérent des savoirs serait impossible.

Une revalorisation des connaissances individuelles

L’une des règles sur lesquelles repose l’intelligence collective est simple : il s’agit de ne jamais négliger ou mépriser un savoir mais de toujours valoriser l’ensemble des connaissances et des idées. Pour le dire autrement, tout le monde a un rôle à jouer dans la mise en place d’une nouvelle structure de pensée.

En soi, l’intelligence collective permet donc de décloisonner les intelligences de manière à créer un dialogue entre les acteurs d’une même société. La production qui résultera d’un tel partage d’idées est privilégiée face à l’hégémonie d’une seule intelligence sur les processus créatifs.

De plus, la philosophie prônée par ce genre de méthode est définie dans des termes concrets : il faut poursuivre un objectif commun, clé ultime du développement de l’intelligence collective. Si l’on veut se convaincre du bien-fondé d’une telle méthode, il suffit d’observer les bilans annuels des entreprises. Les – très bonnes – performances d’une société sont souvent le fait de projets mis en commun et poursuivis par plusieurs acteurs aux profils très variés. L’intelligence collective est donc bénéfique tant pour la responsabilité individuelle d’un employé que pour les projets menés par une équipe.

Par quels moyens peut-on mobiliser l’intelligence collective au sein d’une entreprise ?

Si l’intelligence collective est une pratique avérée et visible aujourd’hui au sein de nombreuses entreprises, son fonctionnement peut paraître toutefois abstrait. Comment mettre en oeuvre des projets faisant appel à l’intelligence collective ? Quels sont les processus de collaboration qui permettent de lui donner une importance significative ? Comment encadrer une entreprise de manière à optimiser ses capacités intellectuelles ?

Mettre en place une solide structure managériale

Premièrement, il est nécessaire d’encadrer la mise en place de l’intelligence collective. Comment faire ? À cette question, une réponse : avoir un bon manager d’équipe. Pour imager les choses, disons que le rôle du manager doit être celui d’un chef d’orchestre. Quel est donc sa fonction ? Guider les employés de façon à mettre en commun les idées et favoriser l’échange. Grâce à son sens de l’organisation et de la gestion des équipes, le manager met en place ce que l’on appelle le “knowledge management”, une pratique consistant à stimuler l’intelligence collective.

La clé de la réussite réside, également, dans le fait d’organiser des “groupes projets” qui facilitent la prise de parole et stimulent la réflexion collective. Le manager doit être un médiateur dans ce type de situation et veiller à ce que les acteurs du projet soient impliqués et volontaires. Par conséquent, le pouvoir n’est plus monopolisé. Il est mieux organisé et de nouvelles méthodes de management permettent d’améliorer la gestion des connaissances et de donner une marge de manoeuvre plus significatives à certains acteurs de l’entreprise autrefois oubliés ou peu sollicités.

Digitaliser les échanges entre salariés

À l’heure où tout se joue au sein d’un réseau immatériel où grouillent les algorithmes en tout genre, il est nécessaire de “digitaliser” les relations. En d’autres termes, donner vie à une intelligence collective et agile passe par une mise en place d’un système d’échange et de partage via des plateformes réseaux. Pour ce faire, de nombreux outils en ligne favorisent la discussion entre employés et la mise en place de l’Intelligence Collective.

Le second élément à prendre en compte – et pas des moindres – est l’avantage du cyberspace dans l’optimisation des systèmes d’entraide et d’apprentissage. Grâce à la mise en relation virtuelle (doublée de l’interaction physique dans de nombreux cas), les erreurs deviennent plus facilement corrigeables et le chemin vers la réussite, garanti.

Faut-il choisir les acteurs qui prendront part à cette mobilisation ?

Poser la question de l’intelligence collective, c’est poser la question de la démocratie d’entreprise. Une société est-elle tenue de faire participer tous ses employés dans l’élaboration d’un projet commun ? Comment hiérarchiser les besoins ? Faire appel à tous, n’est-ce pas – malheureusement, aussi – faire appel à n’importe qui (discours haineux, dangereux, contre productifs, etc.) ?

Une collaboration utile à tous ?

Encore une fois, et comme nous le soulignions en amont, le bénéfice de la synergie des connaissances est flagrant : les performances d’une entreprise sont optimisées – sur le plan économique et social – lorsque la réflexion est partagée et structurée.

Collaborer, mettre en commun des idées, avancer ensemble… L’intelligence collective, lorsqu’elle est bien organisée, permet également de se sentir plus responsable. Le contrôle sur un projet n’est plus réservé à une seule entité “supérieure” mais confié à plusieurs acteurs. Par conséquent, la productivité est boostée. Si ‘“l’union fait la force”, l’intelligence collective en est le témoin.

Enfin, et pour aborder le côté plus “personnel”, l’intelligence collective renforce les liens entre des individus qui parfois travaillent ensemble depuis des années mais ne se connaissent pas vraiment ou très vaguement. Confiance, convivialité, tolérance sont de nouveau au rendez-vous.

Un rôle à jouer dans la réflexion, non dans la prise de décision

Pour ce qui est du versant plus “démocratique”, l’intelligence collective doit aider à mettre en commun des idées et à favoriser la co-construction d’un projet. La décision sera prise par une autorité supérieure, en tenant compte (ou non) des conclusions tirées par le travail collaboratif préalable.

Malgré tout, il se peut que – dans certains cas – la collaboration soit freinée par des idées douteuses et peu productives. Où s’arrête donc la démocratie d’entreprise ? Comme nous le disions auparavant, à la prise de décision. Toutefois, bien avant cette étape, nous pouvons être confrontés à des idées que nous pensons “nuisibles” pour le projet. Laissez la parole à tout le monde n’est pas un problème, mais il est nécessaire d’échanger avec un individu qui, de prime abord, ne semble pas pouvoir ou vouloir apporter quelque chose permettant de poursuivre correctement cet objectif commun.

Ainsi, réfléchir ce n’est pas décider. L’intelligence collective doit favoriser la coopération et le plurilogue productif. Si, dans la majorité des cas, elle influe sur la décision finale, elle n’en est toutefois pas la garante.

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Quel rapport l’intelligence collective entretient-elle avec l’intelligence artificielle ?

D’aucuns estiment que l’intelligence artificielle va – au cours de ces prochaines années – remplacer l’intelligence humaine et opérer, ainsi, une vraie transformation digitale. Puissante, productive et, à terme, potentiellement autonome, l’IA pourrait surpasser l’homme et générer des idées nouvelles sans aucune aide extérieure. Mythe ou réalité ? Comment penser l’intelligence collective face à l’IA ?

Pour optimiser ses capacités créatrices, l’homme doit avoir un contrôle sur la machine

L’avis de l’homme sur la question “robotique” est souvent dichotomique : absolument enthousiaste par l’idée du progrès ou extrêmement phobique et alarmiste. Dans ce schéma très tranché, réside pourtant une idée sur laquelle “presque” tout le monde semble s’accorder : tant que l’homme a le contrôle sur la machine – et non le contraire – la situation est maîtrisée. En mettant nos capacités intellectuelles au service du progrès, nous nous assurons (en théorie) le bon fonctionnement et développement de l’intelligence artificielle.

Intelligence Artificielle et Intelligence Collective : amies ou ennemies ?

En réalité, il faut penser l’Intelligence Collective et l’Intelligence Artificielle comme un duo performant et équilibré. En effet, l’Intelligence Artificielle permet la mise en place d’un réseau connecté particulièrement utile et bénéfique aux échanges entre employés. Grâce aux nouvelles technologies, l’intelligence collective est optimisée. En ce sens, l’intelligence artificielle est un vrai soutien à l’intelligence collective : elle permet de favoriser la mise en commun des idées humaines et de faire avancer, plus facilement, les projets portés par les équipes.

Enfin, et pour conclure, l’efficacité de cette collaboration entre l’intelligence collective et l’intelligence artificielle se constate sur bien des points : gain de temps, facilité de partage, soutien dans les tâches les plus fastidieuses, optimisation des plans d’action, etc. L’intelligence collective et l’intelligence artificielle ont tout à gagner à collaborer ensemble. Encore faut-il, et c’est primordial, mettre en place une structure permettant d’encadrer et d’organiser ces deux ressources exceptionnelles.

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